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Les groupes anti-trans dont je parle dans mon livre s'agitent depuis des mois pour influer sur les recommandations sur la prise en charge des personnes trans qui vont être publiées par la HAS. Quelque soit ce qui sera publié, ils chercheront à tirer la couverture à eux.

Soit en dénonçant, soit en interprétant les recommandations à leur manière pour leur faire dire ce qui les arrange. Ils ont déjà essayé de remettre en cause le fonctionnement même de la Haute Autorité de santé, qui ne fait pourtant pas d'exception pour les personnes trans.

Ces groupes n'ont aucune légitimité scientifique, aucune légitimité d'experts, quand bien-même ils prétendent en être et le monde de la santé, pour l'essentiel, le sait.

Pourtant, aujourd'hui comme lorsqu'ils pesaient sur le Ministère de l'Éducation, le statut social de ceux qui s'expriment, et le bruit médiatique, pèsent néanmoins et auront laissé des marques, y compris plus largement dans le monde médical, qui aura à interpréter et appliquer ces recommandations.

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Le monde de la science et de la santé n'est pas une bulle hors du monde politique. Même les process scientifiques les plus balisés subissent les remous des débats politiques, quand ce n'est pas directement le monde politique qui vient se mêler de science.

Dans d'autres pays, les réactionnaires anti-genre se sont simplement accaparés le droit de dire la vérité à la place de la science. Certains tentent de le faire en France.

Mais si la science est si fragile sur ces sujets, ce n'est pas seulement à cause des attaques réactionnaires. C'est aussi que sa légitimité elle-même est questionnable : a-t-on besoin d'elle pour savoir que l'autodétermination est un principe de base de droits humains ?

Quand la médecine valide l'autodétermination des personnes trans, l'accès à la contraception ou l'IVG, comme elle le fait de plus en plus à l'échelle mondiale, elle produit d'abord sa propre critique, elle déconstruit ses violences passées, plus qu'elle ne produit réellement un nouveau savoir.